FIDMarseille - Festival International de Cinéma

Cinéma : 33e édition. Projection de 123 films représentant 37 pays, rétrospectives Albert Serra et Mathieu Amalric, sections parallèles avec notamment un hommage à l'Ukraine, séances spéciales...

Chaque changement est un début. Le FIDMarseille change aujourd’hui. Un changement provoqué par le départ de son directeur – de son inspirateur et refondateur. Jean-Pierre Rehm a pris la direction du festival il y a 20 ans et a œuvré, avec son équipe, au fil des années, pour faire du FID ce qu’il est aujourd’hui : un évènement international hors normes. Pour les cinéastes, les spectateurs, les professionnels, pour tous les amoureux d’un cinéma ambitieux, aventureux. Le FID avec son D qui questionne, signifiant ici plutôt la Diversité et la Différence qu’un genre cinématographique ou un autre. Cela nous a été confirmé par la richesse et la grande qualité des candidates et candidats rencontrés lors de l’audition pour la succession de Jean-Pierre Rehm. Nous leur sommes profondément reconnaissants de l’estime qu’ils ont manifestée pour le festival, d’être venus vers nous du monde entier pour témoigner leur désir de se joindre à l’équipe.

Pour autant, il ne s’agissait pas tant d’une place à combler que d’un nouveau projet à dessiner, afin de conforter la singularité du festival. Éprouvant la nécessité de nous réinventer et le désir de porter le projet d’un autre modèle d’organisation et de gouvernance pour un festival comme le nôtre, nous, Conseil d’administration, en accord avec l’équipe du FIDMarseille, avons donc choisi de ne pas pourvoir le poste de directeur artistique mis au concours, mais de nous appuyer sur les forces et les talents d’une équipe expérimentée et solidaire, avec un fonctionnement horizontal et collégial, mettant en avant les compétences de chacune et chacun. L’actualité du FID offre cette opportunité, la réalité sociétale actuelle l’impose.

Ce nouveau départ est, nous en sommes convaincus, la meilleure manière de poursuivre l’aventure initiée il y a vingt ans. Le FID change et continue.

Nous vous espérons et attendons nombreuses et nombreux, comme chaque année en juillet, à Marseille.

Marseille
Du 5 juillet au 11 juillet
0/7/9 €
www.fidmarseille.org
13000 Marseille

Article paru le mardi 28 juin 2022 dans Ventilo n° 467

FID – Festival International de Cinéma de Marseille

Que Serra, sera

 

Jusqu’au 11 juillet, dans de nombreux lieux marseillais de diffusion, la nouvelle et trente-troisième édition du FID, Festival International de Cinéma de Marseille, tentera de remplir le rôle qui a toujours été le sien : nous permettre la découverte d’œuvres cinématographiques rares et propres à réinventer les formes.

  À bien des égards, le FID, Festival International de Cinéma de Marseille, connaîtra pour sa trente-troisième édition un véritable tournant : le départ de son délégué général Jean-Pierre Rehm, cinéphile aux regards aiguisés dont les choix de programmation ont permis d’hisser, au fil des ans, la manifestation au niveau qu’on lui connaît, laisse place à un « fonctionnement horizontal » qui va devoir ré-enchanter cette nouvelle âme propre à un festival de ce rang. Par ailleurs, les immenses difficultés que traverse l’industrie cinématographique en France, et dont les premières victimes sont les réinventions des langages de l’image en mouvement, impacteront-elles la fréquentation de l’événement ? Et au-delà, comment s’imagineront en son sein les passerelles entre une création exigeante et la rencontre avec le public ? Gageons que cette nouvelle édition du FID, qui se déploiera dans plus d’une douzaine de lieux de diffusion de la cité phocéenne, saura répondre à tous les enjeux qui secouent la fabrication, la distribution et la diffusion des films. Comme moteur de ce nouveau rendez-vous 2022, l’équipe organisatrice affirme d’emblée sa démarche éco-responsable par un ensemble de mesures écologiques bienvenues, qui animent par ailleurs un nombre croissant de salles hexagonales. La compétition internationale affirme de prime abord sa volonté, s’inscrivant dans l’héritage du festival, de donner à voir une représentation vaste de la création internationale, avec quatorze films sélectionnés, couvrant une quinzaine du pays du globe. D’Aftersun de Lluís Galter à Niwa No Sunaba d’Yukinori Kurokawa, en passant par Quarries d’Ellie Ga, Sobre Las Nubes de Maria Aparicio ou The Unstable Object II de Daniel Eisenberg, nul doute que ces découvertes en première mondiale sauront aiguiser les curiosités. Du côté de la compétition française, nous retrouverons l’immense cinéaste Franssou Prenant pour De la conquête, Gaël Lepingle pour Des garçons de province, sans oublier Jacques Meilleurat avec Étoiles, Delphine Kreuter et son opus X14 ou Narimane Mari pour On a eu la journée, bonsoir. De la compétition Flash à la compétition Premier, ou celle portée par le GNCR, Groupement National des Cinémas de Recherche, c’est près d’une quarantaine d’autres films que l’équipe organisatrice nous propose de découvrir. Deux artistes majeurs seront particulièrement mis à l’honneur cette année : l’extraordinaire cinéaste Albert Serra d’une part, grand habitué du festival, dont la projection du dernier film — Pacifiction - Tourment sur les îles — sera accompagnée d’une rétrospective et d’une installation, et Mathieu Amalric d’autre part, à qui le FID offre cette année l’occasion de présenter un bouquet d’œuvres composé par ses soins. Enfin, d’autres perles cinématographiques seront à dénicher au sein des autres programmations de la manifestation. Soulignons à ce sujet toute l’intelligence mise en place depuis plusieurs années : il ne s’agit là nullement de sélections dites parallèles, mais bel et bien d’une continuité de gestes, d’une exploration, voire d’une explosion, des contraintes possibles dans la mise en place des compétitions : les œuvres afférentes qui s’y déploient ne sont point un complément de programme, mais bel et bien le prolongement d’un récit de programmation. Dont acte : de Continûment occupé des choses de l’amour de Florence Pazzottu, Le Horla de Jean-Daniel Pollet, The Song of Rain de Tetsuichiro Tsuta ou Il faut se tromper de Jean Boiron Lajous, le public pourra y déceler tout un champ cinématographique des plus passionnants. Si l’on ajoute à cette dense programmation les focus consacrés à l’Ukraine, la thématique Les Sentiers élaborée avec Fotokino, les nombreuses séances spéciales ou le FidLab, nous retrouverons lors de cette trente-troisième édition matière à ouvrir nos regards sur les évolutions toujours constantes de l’image en mouvement.    

Emmanuel Vigne

   

FID – Festival International de Cinéma de Marseille : du 5 au 11/07 à Marseille.

Rens. : www.fidmarseille.org